Des microplastiques dans les cosmétiques ?

Je travaille actuellement en collaboration avec Surfrider Foundation Europe sur la composition des cosmétiques dans le cadre de la proposition de restriction engagée par ECHA (Agence Européenne des produits chimiques) pour la réduction des microplastiques ajoutés intentionnellement par les industriels aux produits (cosmétiques). Un travail collaboratif d’associations, professionnels, scientifiques,…. pour obtenir des mesures ambitieuses et ainsi prévenir l’introduction dans le milieu aquatique de microplastiques ajoutés intentionnellement.

Des microplastiques dans les cosmétiques ? Pourquoi ? Comment ? … Voici un article complet sur le sujet

Que sont les microplastiques ?

Les “microplastiques” sont des particules de matière plastique de moins de 5 mm qui constituent la fraction microscopique des déchets plastiques marins. Les microplastiques constituent un sujet émergent dans la recherche sur la pollution et l’élaboration des politiques.

La présence de microplastiques en cosmétique…

Les ingrédients plastiques sont utilisés dans une grande variété de produits, notamment cosmétiques et d’hygiène personnelle.

L’industrie des cosmétiques et des soins personnels utilise des ingrédients plastiques dans une grande variété de produits. Les microplastiques sont des matériaux synthétiques, non dégradables, insolubles dans l’eau, solides, constitués de polymères mélangés à des additifs pour donner aux matériaux les propriétés et les fonctionnalités souhaitées. Les particules de plastique utilisées dans les cosmétiques sont très petites (leur taille ne dépasse généralement pas un millimètre, mais peut atteindre quelques dizaines de nanomètres) : beaucoup sont invisibles à l’œil nu.

Les types de plastiques utilisés dans les cosmétiques comprennent les thermoplastiques et les thermodurcissables, y compris les silicones. Au sein de ces catégories de plastiques, de nombreux types de polymères et de copolymères différents sont appliqués dans les formulations cosmétiques. Les fonctions de ces matériaux dans les produits comprennent la formation de films, la régulation de la viscosité, le conditionnement de la peau, la stabilisation des émulsions et bien d’autres encore. Les ingrédients plastiques remplissent ces fonctions dans une large gamme de types de produits cosmétiques et de soins personnels, tels que (mais sans s’y limiter) le savon, le shampoing, le déodorant, le dentifrice, les crèmes anti-rides, les crèmes hydratantes, les crèmes à raser, les écrans solaires, les masques faciaux, le maquillage (par exemple, le rouge à lèvres ou le fard à paupières) et le bain moussant pour enfants.

Pourquoi parle-t-on de microplastiques dans la cosmétique ?

Même si le secteur de la beauté et de la cosmétique est au défi de tendre vers une formulation plus “propre” et par cas, l’utilisation de moins d’ingrédients pétrochimiques, les microplastiques sont encore aujourd’hui très utilisés par les industriels. Pourquoi ?

  • le coût : c’est un matériau qui ne demande pas d’investissement lourd en terme de production
  • les microplastiques sont des additifs pour la sensorialité : ils permettent l’aspect lisse et glissant qui sont perçus comme des “atouts” pour les industriels
  • facilité de formulation : inerte, stable, et modifiable à l’infini pour toujours plus de molécules issues du pétrole en remplacement de produits issus du naturels, plus chers et plus difficiles à travailler (couleur, odeur, stabilité, disponibilité …).

Le plastique en route : de la salle de bain vers l’océan

De nombreux produits à rincer contenant du plastique finissent évidemment dans les eaux usées des ménages. Des recherches ont montré qu’une partie des microplastiques (provenant de sources multiples) présents dans les eaux usées sont retenus dans les boues d’épuration et que le reste est rejeté dans les eaux de surface via les eaux traitées.

Le rejet de microplastiques : un impact négatif pour l’environnement marin …

Les microplastiques présents dans les cosmétiques survivent longtemps aux consommateurs qui les utilisent. Une fois libérées dans l’environnement, les matières microplastiques devraient persister pendant des siècles avant d’être entièrement décomposées et de réintégrer les cycles biogéochimiques normaux. En raison de la décomposition extrêmement lente des macromolécules du plastique, il a été postulé que tout le plastique qui a été rejeté dans l’environnement existe encore aujourd’hui.

La littérature scientifique montre qu’en cas d’exposition à des doses suffisamment élevées, les microplastiques sont capables de provoquer une toxicité particulaire dans divers systèmes biologiques, des producteurs primaires aux invertébrés marins en passant par les systèmes mammifères.

Dans l’environnement marin, les données exotoxicologiques sont de plus en plus nombreuses et indiquent que les microplastiques ont un impact négatif sur la santé des organismes marins, en affectant la disponibilité énergétique nécessaire à d’importants processus vitaux.

Il faudra du temps à la communauté scientifique pour rassembler les données sur les dangers et l’exposition environnementale nécessaires à une évaluation complète des risques liés aux microplastiques utilisés dans les formulations de cosmétiques et de produits de soins personnels.

Comment les repérer ?

Cela dépend des définitions validées mais voici les grandes familles

  • Les poly-ethylenes ou -propylenes PEG/PPG : polyethylene glycol, polypropylene…
  • Les silicones : -icone, -oxane : dimethicone, cyclopentasiloxane…
  • Polyvinyliques
  • Polyacrylamides
  • Polyamide : Nylon
  • Polyacrylique/acrylate : : -polymer, acrylates copolymer, alkyl alkylate crosspolymer…
  • Ethyl/methyl Copolymer
micro plastique cosmetique

La règlementation

En France, la Loi pour la Biodiversité a interdit les microbilles de plastique au sein des cosmétiques rincés à fonction de nettoyage ou d’exfoliation depuis Janvier 2018. Mais rien concernant le plastique non visible à l’oeil nu.

Suite à une demande de la commission européenne, l’ECHA (European Chemical Agency), a soumis un rapport afin d’étendre les restrictions sur les micro plastiques à l’ensemble de l’Europe. Ainsi, en janvier 2019, l’ECHA a déposé une proposition de restriction entrant dans le cadre du règlement européen Reach. Ce projet de restriction a pour objectif d’interdire la mise sur le marché des produits contenant des microplastiques ajoutés de façon intentionnelle par les industriels, si ceux-ci présentent un risque de rejet dans l’environnement.

En juin 2020, le RAC (comité d’évaluation des risques) et le SEAC (comité d’analyse socio-économique) ont adopté l’opinion de l’ECHA tout en émettant des recommandations encore plus strictes. Dans son avis, le SEAC estime que cette nouvelle restriction pourra empêcher le rejet de 500 000 tonnes de microplastiques sur 20 ans.

Courant de cette année,  la proposition de restriction à l’ECHA Annexe XV – Microplastiques sera soumise au vote par le comité REACH. Cette règlementation vient en complément du projet de l’Union Européenne sur le développement durable. Cette proposition a pour but d’interdire la mise sur le marché des produits contenants des micro plastiques. La définition d’un microplastique a été modifiée et se présente comme suit :

“Un microplastique est identifié comme une particule de dimension comprise entre 100nm et 5mm et contenant un polymère solide à laquelle des additifs ou autres substances ont pu être ajoutés” (La définition complète est à retrouver sur le site de l’ECHA).

Suite au travail du Lobbying et a une levée de bouclier des industriels, cette définition ne s’applique pas :

  • Aux polymères naturels qui n’ont pas été chimiquement modifiés (comme défini dans l’article 3(40) du règlement REACh)
  • Aux polymères biodégradables
  • Aux polymères avec une hydrosolubilité >2g/L

Bien que l’ingrédient soit considéré comme microplastique, il peut tout de même être mis sur le marché dans les deux cas suivant :

  • Si le polymère perd sa forme microplastique de manière permanente au cours de la formulation du produit fini (exemple : polymère fondu) sous condition d’un « reporting » annuel à l’ECHA (Entrée en vigueur (EEV) + 36 mois)
  • Si le polymère perd sa forme micro plastique de manière permanente au cours de l’utilisation (exemple : formation d’un film sur la peau) sous condition d’un « reporting » annuel à l’ECHA et d’un étiquetage (EEV + 24 mois)

Cette restriction européenne impactera les produits cosmétiques et les industriels auront une période de transition afin de se mettre en conformité :

  • Produits rincés : EEV + 4ans
  • Produits non-rincés (autre que les produits de maquillage, Vernis à ongles, Rouge à lèvres) : EEV + 6ans
  • Produits de maquillage, Vernis à ongles, Rouge à lèvres : EEV + 8 à 12ans (des discussions sont en cours pour obtenir un délai de transition plus long car ces produits représentent un plus faible impact environnemental)

La réponse des industriels

L’étude de Cosmetics Europe :

De son côté, Cosmetics Europe a effectué sa propre analyse d’impact, au travers d’une étude auprès de 56 sociétés et associations nationales, et a dressé une liste des principaux impacts négatifs de cette proposition :

• une perte de performance des produits et une moindre durabilité,
• une pénurie de nombreux produits, certains produits non-rincés étant même menacés de disparition,
• une réduction du surplus, aboutissant à des prix plus élevés et moins de variété de produits,
• un désavantage concurrentiel provoquant des pertes d’emplois dans l’Union européenne,
• un détournement de ressources, de l’innovation vers la reformulation,
• un impact sur le positionnement des marques,
• une perte d’activité qui va se répercuter sur les clients détaillants et professionnels,
• une perte de recettes d’exportation hors de l’Union européenne,
• des coûts fixes liés à la restriction, risquant de toucher durement les entreprises, et particulièrement les PME,
• des impacts négatifs dans tous les pays de l’UE, en particulier l’Allemagne, le Royaume‐Uni, la France, l’Italie et l’Espagne.

Comme toujours, quand il s’agit de prôner des produits « green », tous sont présents : on ne compte plus les communication, publicité, packaging, … où les industriels sauvent le monde ! Ils replantent des arbres, diminuent de 70 % le poids du plastique, sont 0 % ceci ou cela … mais quand il s’agit de vraiment prendre les véritables décisions, celles qui auront un impact sur la planète …. tous se lèvent d’une seule voix pour dire que c’est inacceptable, c’est la mort du marché, des milliers de pertes d’emploi …. tout en continuant à scander un monde plus vert pour demain.

12 ans de reformulation, des coûts astronomiques de plusieurs milliers d’euros, aucune alternative … tous les arguments sont bons pour conserver les microplastiques.

“Mais comme la protection de l’environnement est plus que dans l’air du temps, restriction il y aura quoi qu’il en soit”, a constaté Meglena Mihova. “En revanche, son champ d’application et les délais pour la mettre en œuvre dépendent beaucoup des arguments que l’industrie va pouvoir faire valoir”. Elle a donc terminé sa présentation par quelques recommandations aux entreprises : faites remonter autant d’informations que possible vers vos associations de façon à pouvoir défendre une restriction applicable, évaluez l’impact sur vos activités, préparez des analyses des alternatives, engagez-vous de manière proactive et constructive avec les autorités et dans le processus de consultation.

En un mot : faites tout ce qui est en votre pouvoir pour tenter d’éviter le pire ! (référence https://cosmeticobs.com/fr/articles/congres-48/quelles-restrictions-a-prevoir-pour-les-microplastiques-5040)

Alors, se passer des microplastiques : oui ou non ?

Et oui, c’est dans l’air du temps ! Ce n’est pas utile, ce n’est pas vital, c’est juste une mode et ça les embête.

Parce que nous, pauvres consommateurs, sommes incapables de nous passer des microplastiques… impossible de se passer de l’incomparable glissant d’un silicone, ou d’un gélifiant aussi incroyable que le carbomer !

Alors ils mettent en action de marche leur puissant lobying pour faire passer des restrictions et ainsi faire de cette loi ambitieuse un texte qui tombe à l’eau et qui ne fait rien changer :

On supprime les polymères solubles, liquides, … ce qui permettrait de sortir de la réglementation les ingrédients problématiques les plus utilisés, notamment les silicones, les PEG/PPG, les quaternium, les polyvinylique et les polyacrylamide … Ne resterait que les Acrylates, très utilisés comme gélifiants mais en petite quantité qui deviendraient la bête noire. Un « geste » que les industriels feraient volontiers pour donner satisfaction aux consommateurs, leur montrer leur grandeur d’âme et leur valeurs environnementales …. sans vraiment changer leur ligne de conduite : faire du profit en dépit du reste : consommateur, environnement, …. tout en prônant une vertu et une volonté de changer les choses.

C’est pourquoi associations, scientifiques, professionnels, … collaborent pour obtenir des mesures ambitieuses et ainsi prévenir l’introduction dans le milieu aquatique de micro plastiques ajoutés intentionnellement.

📝 SIGNER cette pétition pour demander à l’UE de banir les micro & nano plastiques des cosmétiques ! Cela prend moins d’1min et l’impact sera immense sur l’environnement et la santé.

 

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